26 mars, 2012

Articles sur la Prière

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La Prière

La Prière, par Sadhou Sundar Singh

PREMIÈRE PARTIE

Le disciple: On entend souvent dire « Si Dieu a une entière connaissance de nos besoins et s’il sait la meilleure manière d’y pourvoir, non seulement lorsqu’il s’agit du bien, mais encore à l’égard du mal, quelle nécessité y a-t-il donc pour nous de lui exposer ces besoins, spirituels ou matériels ? »

    Pouvons-nous, par nos prières, changer quelque chose aux desseins de Dieu ?

    Le Seigneur : Ceux qui posent de telles questions montrent par là même qu’ils ignorent ce qu’est la prière. Sinon, ils sauraient que prier ce n’est pas simplement mendier auprès de Dieu. La prière n’est pas un acte de mendicité pour les besoins de notre vie. Prier, c’est obtenir Dieu Lui-même, Celui qui donne la vie. Lorsque vous posséderez cette source de vie et serez ainsi unis à Lui, vous aurez la vie et, dès lors, il pourvoira lui-même à tous vos besoins. Aux hommes vains, mauvais, Dieu, dans son amour, accorde les choses de ce monde, celles-là seules : ils ne peuvent pas avoir de besoins spirituels, puisqu’ils n’ont pas de vie spirituelle. Si même des bénédictions de cet ordre leur étaient dispensées, ils ne les apprécieraient pas et les auraient bientôt perdues. A ceux qui sont sauvés, Dieu accorde toutes sortes de dons, mais spécialement les dons spirituels afin que, détournant leur cœur des choses visibles qui ne sont que pour un temps, ils concentrent leurs aspirations sur celles qui sont invisibles et qui durent à toujours. En priant, ils ne changent rien aux desseins de Dieu, mais ceux qui sont de Dieu deviennent conscients de son dessein à leur égard. Quand ils sont en prière, Dieu lui-même se manifeste à eux dans le sanctuaire de leur cœur et s’entretient avec eux. Lorsque son but, qui est toujours de leur faire du bien et de les bénir, leur est ainsi dévoilé, leurs doutes et leurs murmures sont éloignés pour toujours.

    2. Prier, ce fut toujours et c’est encore respirer l’atmosphère divine. Dieu communique son Esprit Saint à ceux qui prient dans cette vie, afin qu’ils deviennent des « âmes vivantes . (Gen. 2. : 7 ; Jean 20 : 22). Ils ne mourront jamais, car l’Esprit de Dieu qui pénètre dans leur être spirituel par le moyen de la prière leur donne vigueur, santé et vie éternelle. Dieu, qui est amour, leur a libéralement dispensé tout ce qui est indispensable à leur vie spirituelle et matérielle. C’est parce que, dans sa grâce, il accorde ainsi gratuitement le salut et le Saint Esprit, que l’homme naturel n’apprécie pas ces dons, que seule la prière lui apprend à estimer réellement. C’est comme pour la chaleur, l’eau et l’air, sans lesquels il serait impossible à l’homme de vivre. Dieu les lui ayant dispensés libéralement et gratuitement, il ne réfléchit même pas à la nécessité de rendre grâce pour ces bienfaits. Bien au contraire, il estime l’or, l’argent, les bijoux, toutes les choses qui coûtent cher, ne s’obtiennent que difficilement et qui, cependant, n’apaisent ni la faim ni la soif et ne procurent aucune satisfaction, aucun repos d’esprit. Et c’est ainsi que, dans le domaine spirituel, l’homme naturel se conduit en insensé ; mais la sagesse et la vie sont données à l’homme de prière.

    3. Ce monde ressemble à un vaste océan dans lequel beaucoup enfoncent et se noient. Cependant, les poissons vivent même dans l’eau la plus profonde grâce à ce que, remontant à la surface, ils absorbent une certaine quantité d’air qu’ils savent garder intérieurement et qui leur permet de vivre au fond de la mer. Ainsi, ceux qui, remontant à la surface de l’océan de la vie aspirent, au moyen de la prière solitaire, l’atmosphère vivifiante de l’Esprit Saint, restent forts et bien vivants dans l’océan du monde.

    4. Bien que les poissons demeurent toute leur vie dans l’eau salée de l’océan, ils ne deviennent jamais eux-mêmes du sel, parce qu’ils vivent. De même l’homme de prière qui vit dans l’océan du monde imprégné de péché, demeure pur de toute souillure ; par la prière, son être spirituel se renouvelle sans cesse dans la fontaine de vie

    5. Lorsque le soleil darde ses chauds rayons sur l’eau salée de l’océan, les vapeurs qui s’en dégagent s’élèvent bientôt et se forment en nuages. Alors, changées en eau douce et rafraîchissante, elles retombent en averses bienfaisantes, car lorsque les vapeurs s’élèvent, le sel et les impuretés contenues dans l’eau restent dans la mer. Ainsi, les pensées et les désirs de l’homme de prière s’élancent vers le Ciel où les rayons du Soleil de justice purifient sa prière de toute trace de péché. La prière devient alors un vrai nuage qui répand du ciel sur la terre une pluie de bénédictions apportant ainsi à beaucoup, un renouvellement de vie.

    6. Toute leur vie, les oiseaux aquatiques nagent dans l’eau et pourtant, lorsqu’ils se mettent à voler, leurs ailes sont parfaitement sèches. Ainsi lorsque, pour l’homme de prière qui a vécu dans le monde, l’heure vient de s’envoler vers le ciel, il est parfaitement nettoyé des taches et des souillures de cette terre de péché ; il arrive pur et sans tache au lieu de l’éternel repos.

    7. Pour un navire, c’est tout à fait normal d’être dans l’eau, mais il est en danger et bien vite perdu si l’eau le pénètre et le remplit. Ainsi, pour un homme, c’est tout à fait normal d’être dans le monde et d’aider son prochain à atteindre le vrai but de la vie, mais si le monde entre en lui pour prendre possession de son cœur, c’est la ruine et la perdition. L’homme de prière garde à jamais son cœur dans la soumission à Celui qui l’a créé pour y bâtir son propre temple de sorte que, dans ce monde aussi bien que dans le monde à venir, il demeure en paix et en sécurité.

    8. Chacun sait qu’il est impossible de vivre sans eau. Chacun sait aussi que celui qui est submergé par l’eau perd la vie : il meurt asphyxié. Il est donc nécessaire de se servir d’eau et de boire de l’eau, mais il n’est pas nécessaire de mourir asphyxié dans cette eau. Ainsi, il est nécessaire de se servir du monde et des choses du monde, car il est difficile de vivre sans cela : Dieu a créé le monde pour que l’homme en use, mais il n’est pas nécessaire de s’y noyer. Ceux qui abandonnent la prière, cette respiration de l’âme, meurent asphyxiés.

    9. Lorsque la vie spirituelle souffre à cause de l’abandon de la vie de prière, les choses du monde, créées pour être utiles à l’homme, lui deviennent une cause de souffrance et de mort. Le soleil, dont la lumière et la chaleur donnent la vie et l’accroissement à toute végétation, peut aussi la flétrir et la dessécher. L’air, qui renouvelle la santé et la vie de tous les animaux, peut aussi causer leur mort. « Veillez et priez ».

    10. Votre vie doit être telle que, vivant dans le monde, vous ne soyez pourtant pas du monde. Ainsi, ce qui est dans le monde, au lieu de vous faire du mal, vous deviendra utile en vous aidant à progresser spirituellement, à la seule condition que, votre cœur reste tourné vers le Soleil de justice. Dans beaucoup d’endroits sales et boueux, on voit s’épanouir des fleurs dont le suave parfum fait disparaître
toutes les mauvaises odeurs. On y voit aussi des plantes qui, pour s’épanouir, se tournent vers le soleil afin d’en recevoir chaleur et lumière. Ainsi, la pourriture du sol, au lieu de leur nuire, agit comme un bon engrais qui aide à leur croissance. C’est ainsi que l’homme qui prie, en tournant toutes ses pensées vers moi, reçoit chaleur et lumière. Il me glorifie par le témoignage de sa vie sainte et renouvelée qui dissipe les effluves malsaines du monde et dont les fruits parfumés durent en vie éternelle.

SECONDE PARTIE

    1. En insistant sur la prière, je ne veux pas dire que, sans elle, Dieu n’accordera aucun bienfait, ni que les hommes doivent, lorsqu’ils prient, lui exposer tous leurs besoins. Le grand avantage de la prière réside dans le fait que, par cette attitude, le cœur de l’homme se place dans les dispositions les meilleures pour recevoir le Dispensateur de toute grâce et pour obtenir de lui de précieuses bénédictions. Voilà la raison pour laquelle l’effusion du Saint-Esprit fut accordée aux disciples non pas dès le premier jour, mais au bout de dix jours de préparation spirituelle. Celui qui reçoit une bénédiction sans s’y être préparé ne sait ni l’apprécier à sa valeur, ni la retenir d’une façon permanente, Par exemple Saul, qui avait reçu et son royaume et le don du Saint-Esprit sans les avoir recherchés, les perdit au bout de peu de temps. Il avait quitté sa maison non pour obtenir le Saint-Esprit et un royaume, mais pour chercher ses ânesses perdues (1 Sam. 9 : 3, 10, etc.).

    2. L’homme de prière seul sait comment invoquer Dieu en esprit et en vérité. Bien des hommes ressemblent à la sensitive : pendant qu’ils prient, ils sont sous l’influence du Saint-Esprit et reçoivent ses enseignements. Alors, pour un peu de temps, ils se sentent humiliés et courbent la tête devant Dieu mais, dès qu’ils ont quitté le lieu où ils étaient en prière, ils redeviennent exactement ce qu’ils étaient auparavant.

    3. Si l’on néglige de soigner un arbre ou une plante qui produisent de belles fleurs et de bons fruits, ils perdent bien vite leurs excellentes qualités pour redevenir des plantes sauvages. De même, le croyant qui délaisse la prière, néglige sa vie spirituelle et cesse de demeurer en moi, ne sera plus en état de recevoir des bénédictions, retombera dans son ancienne vie de péché et sera perdu.

    4. En regardant un héron qui se tient pensif sur le bord d’un lac ou d’un étang, nous pourrions nous imaginer qu’il songe à l’excellence de cette eau qui purifie et désaltère, ou encore, nous pourrions comparer son attitude à celle de quelqu’un en train de méditer sur la puissance et la gloire de Dieu. Nous savons bien pourtant que ses pensées sont tournées d’un côté tout différent et que, des heures durant, il veille pour attraper une grenouille ou quelque petit poisson et les avaler. C’est exactement ainsi qu’une masse de gens s’adonnent à la prière et à la méditation. Tout en se tenant au bord de l’océan divin, ils n’accordent pas une pensée à la puissance et à l’amour de Dieu, à son Esprit qui peut les nettoyer et les purifier du péché, non plus qu’à sa nature divine qui seule peut satisfaire leur âme. Ils sont absorbés par l’unique préoccupation de savoir comment obtenir la chose qu’ils désirent et qui peut les aider à jouir des plaisirs passagers de ce monde. Ils détournent leurs regards de la source du vrai repos pour les diriger vers les choses passagères de ce monde et périr avec elles.

    5. L’eau et le pétrole qui sortent tous deux du sein de la terre se ressemblent à première vue. Cependant leurs caractéristiques et leurs effets sont absolument différents ; c’est ainsi que l’eau éteint le feu tandis que le pétrole l’anime. De même, le monde et ses vanités, le cœur et sa soif des choses divines, sont les créations du même Dieu. Eh bien ! le cœur qui s’efforce de trouver à se satisfaire dans la richesse, la pompe et la gloire de ce monde arrive au même résultat que celui qui, pour éteindre un incendie y jetterait du pétrole. Le cœur ne peut avoir de repos et ne peut être satisfait que par Celui qui, après l’avoir créé, a mis en lui cette aspiration, cette soif des choses divines (Ps. 42 : 1-2). C’est pourquoi, à quiconque viendra à moi je donnerai de l’eau de la vie, afin qu’il n’aie plus soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source qui jaillira jusqu’en vié éternelle. (Jean 4 : 14).

    6. C’est en vain que les hommes s’efforcent de trouver la paix dans le monde et par les choses du monde. L’expérience prouve qu’on n’y trouve ni paix véritable, ni satisfaction. Ces gens-là ressemblent à un garçon qui se mit à peler un oignon, enlevant couche après couche dans l’espoir de trouver au centre une amande, comme en soulevant le couvercle d’une boîte on peut atteindre ce qui est à l’intérieur. De telles espérances sont vaines et mensongères ; on ne trouve dans le monde que pelure sur pelure comme pour l’oignon. Ce monde et tout ce qu’il contient ne sera finalement que vanité des vanités (Ecclés. 12 : 10) pour l’homme, jusqu’à ce qu’il découvre la source de toute vérité et de toute vie.

    7. Le monde est semblable à un mirage que celui qui cherche la vérité s’efforce d’atteindre, croyant y trouver l’eau de la vie pour son âme assoiffée. Il n’y trouve finalement que désappointement et désespérance. L’eau de la vie ne se trouvera jamais dans des citernes crevassées ou des étangs artificiels. Ceux-là seuls qui se tiennent en ma présence dans un sincère esprit de prière la trouveront en abondance auprès de moi qui suis la source de l’eau vive. Ils obtiendront satisfaction et vie éternelle (Es. 55 : 1 ; Jer. 2 13 ; Ap. 21 : 7).

    8. Une femme parcourait un jour la montagne en portant un petit enfant dans ses bras. L’enfant aperçut une belle fleur au bord du chemin et, pour la saisir, il fit un bond tel que, échappant aux bras de sa mère, il tomba sur une grosse pierre où il se brisa la tête ; il mourut sur le coup. Il est bien évident que l’enfant était en sûreté dans les bras et tout près du cœur de sa mère qui l’aimait et le nourrissait. C’est l’attraction exercée sur lui par les fleurs du bord du chemin qui lui fit perdre la vie. Il en est de même pour le croyant dont la vie n’est pas ancrée dans la prière. S’il n’apprend pas à connaitre ma sollicitude et mon amour, qui dépassent de beaucoup ceux d’une mère (Es. 49 : 15), c’est qu’il ne l’aura pas voulu. S’il méprise le lait spirituel que je veux lui donner pour sa nourriture jusqu’en vie éternelle et que, fasciné par les choses temporaires mais visibles du monde, il s’arrache de mes bras et perd la vie, il en sera seul responsable.

    9. Le lait de la mère ne jaillit dans la bouche de l’enfant que lorsque celui-ci se donne la peine de le prendre. De la même manière, mes enfants n’obtiendront pas le lait spirituel et la nourriture qui donne la vie tant qu’ils ne les saisiront pas au moyen de la prière. Il n’est pas du tout nécessaire que l’enfant commence par comprendre ce qu’est le lait de sa mère. Il sait bien, sans cela et tout naturellement, de lui-même, comment il doit faire pour se nourrir de ce lait. Ainsi, ceux qui sont nés de l’esprit apprennent d’eux-mêmes, grâce à leur intelligence des choses spirituelles et sans avoir besoin d’une instruction spéciale ou de la philosophie de ce monde, comment ils doivent prier, comment ils doivent recevoir de moi le lait spirituel de la vie éternelle.

    10. J’ai créé en l’homme aussi bien la faim et la soif du corps que celle de l’âme. C’est afin qu’il n’aille pas s’imaginer, dans son insouciance, qu’il est Dieu. Il faut que, jour après jour, il reconnaisse qu’il n’est qu’une créature aux besoins toujours renouvelés, une créature qui dépend pour sa propre vie, de la vie et de l’existence d’un Autre, qui l’a créée. Ainsi, conscient de ses propres déficits et de ses besoins, il peut demeurer en moi et moi en lui. Cela se fait par la prière, la foi et la vie spirituelle, en sorte que mon enfant soit à jamais heureux en moi.

TROISIÈME PARTIE

    1. Prier, ce fut toujours et c’est encore entrer en conversation avec moi, vivre dans ma communion et demeurer en moi, pour devenir semblable à moi. Il existe une sorte d’insecte qui se nourrit d’herbe et de feuilles, vit dans la verdure et en prend la couleur. L’ours polaire vit dans la neige et son pelage en a la blancheur. Le tigre du Bengale adopte dans son aspect celui des roseaux et  des hautes herbes qui couvrent les lieux qu’il habite. Ceux aussi qui vivent dans une atmosphère de prière et de grâce spirituelle, en communion avec moi, comme les anges et les saints, obtiennent une nature pareille à la mienne.

    2. Le jour où, pour un peu de temps, je révélai quelque chose de ma gloire à Pierre, Jacques et Jean sur la montagne, Moïse et Elie, seuls de tous les saints leur apparurent durant un court instant. Les apôtres furent néanmoins tellement émus par la radieuse beauté de cet avant-goût béni du ciel, qu’ils se déclarèrent prêts à élever trois tentes pour rester là (Mat. 17 : 1-5). Que sera-ce, lorsqu’ils entreront dans la pleine gloire de la vie éternelle, avec la multitude des saints et des anges ? Quel bonheur merveilleux, sans aucune crainte désormais de le voir s’évanouir ! (Jean 17 : 24 ; Luc 1 : 17). Les hommes de prière ne sont jamais abandonnés à eux-mêmes, car je suis toujours avec eux (Mat. 28 : 20).

    3. Ce n’est pas une chose bien extraordinaire que d’être capable de s’asservir des bêtes féroces ou de commander à la lumière, au tonnerre comme au vent, et aux autres éléments. C’en est une infiniment plus grande et un devoir plus nécessaire d’asservir Satan, aussi bien que sa propre nature et  ses passions. A ceux qui vivent la vie de prière, j’accorde la grâce de fouler aux pieds toute la puissance de l’ennemi (Luc 10 : 17-20). Même pendant qu’ils sont encore dans le monde ils demeurent en moi et vivent en quelque sorte déjà dans les lieux célestes. (Eph. :2 : 6). Satan est dans les lieux inférieurs ; s’ils sont dans les lieux célestes où il ne peut les atteindre, ils sont parfaitement à l’abri, en moi. Les hommes qui commandent aux puissances de la nature n’exercent leur action que dans l’air et sur la terre, alors que les hommes de prière sont victorieux de Satan, du monde et d’eux-mêmes, car leur force est divine.

    4. L’homme qui prie trouve joie et bénédiction dans les choses créées par Dieu, sans les gâter en aucune manière, de même que l’abeille suce les fleurs et en recueille le suc sans nuire à leur parfum et à leurs couleurs. Et comme le miel est composé du suc de toute sorte de fleurs, que l’abeille butine dans toutes les directions pour l’apporter ensuite à sa ruche, les sentiments et les pensées de l’homme de prière lui viennent de toute la création. C’est ainsi que, en communion avec son Créateur, il amasse dans son cœur le vrai miel de la grâce et vit avec-Lui dans une sécurité complète. Partout alors, dans n’importe quelles circonstances, il trouve sa joie dans l’amour, ce miel si doux du Seigneur.

    5. C’est aujourd’hui qu’il faut amasser, au moyen de la prière, dans l’urne de votre cœur, l’huile du Saint Esprit, comme le firent les cinq vierges sages (Mat. 25 : 13), sinon il n’y aura que larmes et désespoir, comme pour les cinq vierges folles. C’est aujourd’hui qu’il faut recueillir la manne pour le vrai sabbat, sans quoi il n’y aura que douleurs et malédiction. (Ex. 16 : 15-27). Priez donc pour que « votre fuite n’arrive pas en hiver » (Mat. 24 : 20 ) ce qui signifie dans un moment de grande détresse comme la mort ou le dernier jour, et pour qu’elle n’arrive pas non plus « un jour de sabbat » car l’occasion de saisir la grâce ne vous serait ainsi plus offerte.

    6. Sous l’influence du climat, la forme, l’apparence, la couleur et le caractère même se modifient. Ceux qui vivent dans l’atmosphère céleste, en communion avec moi, voient leur forme, leur apparence, leurs dispositions spirituelles se transformer et leur nature spirituelle devenir éternellement glorieuse, à ma ressemblance.

    Du même doigt avec lequel je traçai le décret qui signifiait à Belschatzar son jugement et sa condamnation, (Dan. 5 : 5-27) j’ai écrit sur la terre le péché secret de ces hommes qui, pour faire condamner la femme adultère, l’accablaient de leurs accusations. Tous aussitôt s’en allèrent, honteux et confondus, l’un après l’autre (Jean 8 : 6-10). Du même doigt aujourd’hui, dans le secret, je montre à mes serviteurs leur péché et leurs blessures et, s’ils se repentent sincèrement, je les touche de ce doigt et les guéris. Et toujours de ce même doigt, comme un père dont l’enfant saisit la main pour qu’il lui aide à marcher, je conduis mes enfants de ce monde à la demeure du repos éternel (Jean 14 : 2 -3).

    7. Beaucoup prient le Père en mon nom, mais sans demeurer en moi. Ils ont bien mon nom dans la bouche et sur les lèvres, mais non dans leur cœur et leur vie. C’est pour cela qu’ils ne reçoivent pas ce qu’ils demandent car, lorsqu’ils demeurent en moi et moi en eux, je leur donne ce qu’ils ont demandé. C’est que, alors, conduits par le Saint-Esprit, ils ne demandent que des choses qui peuvent être à la gloire du Père, pour leur bien et celui de leurs semblables. Autrement, ils recevront du Père la réponse que fit à certain mauvais fils un magistrat que le père du jeune homme avait servi avec courage et fidélité. Le fils avait, en se recommandant du nom de son père, demandé au magistrat d’être favorisé dans l’octroi d’un emploi. Le magistrat, qui était au courant de sa mauvaise conduite et de ses méchantes actions, lui intima l’ordre de cesser de se recommander du nom à son père, tout en lui conseillant de chercher plutôt à imiter l’exemple de ce père afin de devenir semblable à lui ; d’imiter la noblesse de sa vie au lieu d’avoir son nom sur les lèvres. Alors seulement, présentant sa requête en son propre nom, il pourrait être écouté.

    8. Il y a une immense différence entre ceux qui m’adorent et me louent des lèvres seulement et ceux qui le font de tout leur coeur, de toute leur âme. Un de mes vrais adorateurs priait fidèlement pour un homme qui n’était chrétien que de nom. Il demandait que les yeux de son voisin fussent ouverts afin qu’il pût comprendre la vérité. Pendant ce temps, l’autre formulait l’étrange prière que mon fidèle disciple devînt aveugle. A la fin, la prière de celui qui demandait avec amour et conformément à la volonté de Dieu fut exaucée et celui qui n’avait été mon serviteur que de nom ouvrit les yeux aux clartés spirituelles. Il devint un vrai adorateur et, pour toujours depuis lors, il fut un véritable frère pour mon serviteur.

    9. La prière rend possible ce qui est impossible à l’homme. Celui-ci voit s’accomplir dans sa propre vie des miracles que les philosophes de ce monde déclarent contraires au bon sens et aux lois de la nature. Leur bon sens et leur connaissance de ces lois sont tellement limités que c’est presque comme s’ils n’existaient pas. Ils ne comprennent pas que celui qui a donné à chaque chose sa nature et sa loi ne peut pas être lui-même enchaîné par ses propres restrictions. Ce parfait législateur a élaboré des lois complexes et secrètes, dans le seul but d’assurer bénédiction et prospérité à toutes ses créatures. L’homme, être infirme, est incapable de comprendre ces choses, car ce n’est que spirituellement qu’on peut en juger. (1. Cor. 2 : 14 ).

    Le plus grand des miracles, c’est la nouvelle naissance. Pour quiconque a fait l’expérience de ce miracle dans sa propre vie, tous les autres miracles deviennent possibles. Celui qui n’est pas né de nouveau voit partout des impossibilités. Dans les pays froids, c’est une chose toute naturelle que de voir l’eau se congeler, si bien que la rivière continue à couler sous une couche de glace assez épaisse pour qu’on puisse la traverser sans courir aucun risque. Essayez de parler de ce pont, fait par l’eau elle-même, à des habitants de pays très chauds où l’on transpire d’un bout de l’année à l’autre, ils vous répliqueront que votre assertion est contraire au bon sens et aux lois de la nature. Il en est ainsi de la différence entre ceux qui, nés de nouveau, vivent spirituellement au moyen de la prière en considérant sans cesse l’oeuvre magnifique du Seigneur et ceux qui ne vivent que pour le monde, parfaitement ignorants de toute vie de l’esprit.

    10. Quiconque désire, en réponse à ses prières, recevoir de Dieu vie et bénédiction, doit croire et obéir sans demander pourquoi. L’homme à la main sèche qui vint un jour à moi obéit immédiatement lorsque je lui ordonnai d’étendre la main et sa main sèche devint aussi saine que l’autre. (Mat. 1.2 : 10-13). Supposez que, sans obéir et sans croire, il eût commencé par discuter mon ordre en disant : « Comment pourrais-je étendre ma main malade ? Si je le pouvais, serais-je venu à toi ? Guéris ma main et je l’étendrai ensuite ! » , Cette argumentation aurait paru tout à fait raisonnable à ceux qui nous entouraient, mais sa main sèche n’aurait pas été guérie.

    Ainsi, celui qui prie doit être prêt à obéir en étendant vers moi ses mains, quelque faibles et sèches qu’elles puissent être. A cette condition, je pourrai lui accorder vie et bénédiction. Il les recevra dans la mesure de ses besoins (Mat. 21 : 22). Tiré du livre « Aux Pieds du Maitre » 1922.

La Prière qui transforme une nation, Par John Mulinde

Dieu ne cherche pas seulement des chrétiens qui prient, mais Il cherche des sentinelles de prière. Ces sentinelles sont des hommes qui prient sans cesse. Ceci n’est pas réalisable par notre propre force, mais seulement par l’Esprit de Dieu.

Dans un service de sentinelles de prière, il faut entrer peu à peu. On a besoin de temps pour recevoir une compréhension suffisante… et pour y pénétrer pas à pas. On peut dire beaucoup de choses sur la prière, mais le Saint-Esprit est le seul qui peut réellement nous l’enseigner. Et nous n’apprendrons la prière que si nous passons du temps sur nos genoux devant la face de Dieu. Il n’y a pas d’autre alternative.

Le parvis

Notre prière commence dans le parvis du temple. D’abord, nous prions avec notre raison et nous nous répétons souvent. Nos pensées vagabondent dans toutes les directions et nous sommes distraits par les problèmes, les situations et les confrontations de notre quotidien. Dieu nous dit: « Entrez dans ses portes avec reconnaissance, dans ses parvis avec la louange » (Ps. 100 : 4).

Lorsque nous persévérons dans la prière, nous avons souvent l’impression de ne rien faire d’effectif et de perdre notre temps. Parfois nous prions en langues et nous avons une sensation bizarre; et le diable essaye de nous faire taire. Ici, dans le parvis, nos pensées tournent encore beaucoup autour de nos difficultés, nos intentions et nos soucis quotidiens. Nous devons tenir notre attention fixée sur le Seigneur. Dans le parvis nous ne sommes pas coupés du monde environnant et ce monde nous est encore très présent. Comme les forces démoniaques ont accès dans le parvis, c’est un lieu de distraction. Peu avant une percée, l’ennemi va souvent tout essayer pour nous distraire. Le téléphone sonne, l’idée d’un petit pain nous appâte ou nous avons tout à coup soif. Si à ce moment-là nous interrompons notre prière et la reprenons plus tard, nous devrons la recommencer depuis le début, ce qui est très frustrant. Dieu honore cela, lorsque nous venons à Lui disposés à faire tout ce qu’Il veut et à déposer tout ce qui nous préoccupe, pour venir près de Lui et qu’il nous rencontre.

Souvent nous devons confesser devant lui beaucoup de choses et nous soumettre à une purification. Souvent Dieu utilise nos demandes dans ce but; par exemple nous prions pour nos enfants, et Dieu nous montre que la racine du problème est en nous. Cela ne sera pas toujours facile. Pourtant tous les hommes de la Bible qui avaient faim de Dieu et voulaient le servir, ont été prêts à abandonner beaucoup de choses et à déposer leur vie.

Si nous persévérons dans la prière, nous atteindrons un point où notre prière se transformera et deviendra intense. Elle jaillira de notre esprit et non plus de notre raison. C’est tout notre être qui prie Dieu et les mots jaillissent de nous, la foi sort du plus profond de notre être et Dieu nous inspire comment prier. Nous avons quitté le parvis et avons pénétré dans le sanctuaire.

 Le sanctuaire

C’est le lieu de la prêtrise, dont la Bible nous dit que l’on ne sait pas comment prier, mais que le Saint-Esprit vient à notre aide par des soupirs inexprimables (Rom. 8 : 26). C’est là que commence la prière des douleurs de l’enfantement. La prière qui met en éveil des nations. On commence à voir les choses comme Dieu les voit, et on ressent certaines choses comme Dieu les ressent. A ce moment-là notre vision sur les situations et sur les hommes change. Elle n’est plus troublée par nos propres concepts et idées, au contraire nous voyons les choses dans la perspective de Dieu, à la lumière de sa vérité. L’amour de Dieu pour les hommes touche notre cœur et nous crions des profondeurs de notre cœur vers Dieu. Le Saint-Esprit nous dévoile le cœur du Christ et nous ressentons dans la prière l’amour de Dieu, le fardeau et les douleurs pour les perdus. Nous tombons sur notre face et nous gémissons dans des douleurs de l’enfantement, parfois bruyamment, parfois en silence. Cette manière intense de prier résulte de notre total abandon à la volonté de Dieu. Le Saint-Esprit prend en charge la prière et produit des soupirs, des gémissements, une repentance et une intercession telles que nous serions incapables de les produire nous-mêmes.

Parfois nous plaidons pour une situation comme un avocat professionnel et nous nous demandons d’où vient cette facilité d’expression. D’autres fois nous sommes totalement brisés et désemparés, et nous présentons simplement à Dieu Sa Parole. Ou bien, il monte en nous une sainte colère contre les plans de destruction de Satan et nous entrons dans un combat spirituel. Pleins d’agressivité nous renversons, brisons, détruisons et

chassons ce que Satan a construit. Lorsque le Saint-Esprit agit par nous de cette manière, nous savons à partir des profondeurs de notre cœur que le Seigneur est avec nous et que nous parlons avec son autorité. Si nous nous humilions, nous établissons une plate-forme pour l’intercession et, de cette plate-forme, nous recevons une autorité pour entrer dans le combat contre les forces spirituelles dans le pays. Même si nous

parlons durant deux heures environ, ce n’est pas un monologue, car c’est Dieu qui a mis ses paroles que nous avons dites dans notre cœur. Une profonde repentance, la confession de nos propres fautes et de celles du pays, accompagnées d’intercession pour les hommes, émeuvent le cœur de Dieu, « O Dieu! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit » (Ps. 51 : 19).

Une prière authentique se déroule toujours dans le sanctuaire, mais cela ne s’arrête pas là. Parfois le Saint-Esprit se meut si fortement en nous, que nous glissons imperceptiblement dans le Lieu très saint et nous sommes terrassés par la présence de Dieu.

 Le Lieu très saint

Cette présence de Dieu sur nous, c’est comme s’il mettait son bras autour de nous et nous enveloppait d’un manteau. Les problèmes sont emportés au loin; Il nous communique une paix indescriptible et une joie qui nous satisfait très profondément. Notre cœur fond et parfois nous pleurons simplement. La fantaisie de Dieu est illimitée, dans la manière dont Il va se manifester à nous et nous rencontrer.

Aucun démon ne peut pénétrer ce lieu. Lorsque Dieu nous parle à cet endroit, nous savons qu’il ne peut s’agir que de Lui. Et si ensuite nous quittons ce lien, sa présence nous accompagne. Elle est en nous et sur nous. C’est comme un feu, et ce feu produit en nous cette prière incessante de la sentinelle. Aucun effort humain, ni aucun enseignement ne peuvent susciter cela.

Plus souvent et plus longtemps nous passons du temps dans le Lieu très saint, plus la présence de Dieu en nous et sur nous demeurera ferme et constante et nous transformera. Le monde, avec ses tentations, deviendra san sans intérêt pour nous. Nous souhaitons ardemment passer du temps dans la présence de Dieu. Et lorsque des hommes sans coeur et pleins de résistance à l’égard de l’Evangile s’approchent de nous, ils fondent. L’aveuglement spirituel disparaît, les chaînes sont brisées, ils sont transformés et écoutent le message. Si, à ce moment-là, ils ne prennent pas de décision et s’éloignent, ils s’endurciront encore plus; cependant si nous prions pour eux, directement ou, dans le secret, une onction peut les accompagner et les transformer. Si nous désirons apporter ce type de prière dans notre église, cela ne se fera pas en un jour, ni en une semaine ou même un mois; mais si nous persévérons, nous ferons une percée. Une faim spirituelle est la clé pour y parvenir.

Dieu souhaite non seulement agir dans les cultes, les grands rassemblements et les évangélisations, mais encore pénétrer dans nos maisons et dans nos groupes. Il aimerait descendre avec nous dans la rue, et que des signes et des miracles se produisent dans les rues. Mais tout cela commence dans notre petite chambre, là où nous prions. Plus il y a de chrétiens dans une région qui prient de cette manière, plus la couverture de ténèbres spirituelles sera percée et plus la présence de Dieu pourra s’établir, demeurer sur nos maisons et s’étendre finalement sur le voisinage. Si nous prions à travers tout le pays, alors le ciel s’ouvrira et nous serons témoins de la puissance de Dieu dans les paroisses comme dans le pays. Alors des temps viendront où nous marcherons dans les rues et le Saint-Esprit nous poussera à aller vers une personne précise pour lui parler. Il faut donc apprendre à obéir au Saint-Esprit, car c’est à cet instant exact qu’une onction est donnée. Si nous obéissons à Dieu, Il agira et des hommes seront guéris, libérés et amenés dans Son royaume.

Voici un exemple: une chrétienne affamée spirituellement, était malade depuis 16 ans et cherchait intensivement le Seigneur dans la prière, Elle fut touchée par Dieu d’une manière puissante. Un jour, tandis qu’elle vaquait à son travail de couturière, il se produisit un accident de la circulation et un jeune garçon fut tué. L’Esprit de Dieu descendit sur cette femme et une parole de la Bible lui vint à l’esprit: « Le voleur ne vient que pour voler, tuer et détruire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance » (Jean 10 : 10), et elle commença à pleurer. Alors elle alla vers le policier qui se tenait à côté du garçon et elle lui demanda si elle pouvait prier pour ce jeune. Après s’être d’abord moqué d’elle, il lui donna son autorisation. La femme se pencha sur le garçon et se mit à pleurer. Elle ne savait pas comment prier et elle prononça simplement la citation biblique. Le garçon ouvrit les yeux et s’assit, Le policier fut tellement touché qu’il donna sa vie à Jésus. Dieu aimerait utiliser des hommes ordinaires pour se glorifier au travers d’eux.

L’exemple de l’Ouganda (Afrique centrale) montre comment Dieu retourne des situations qui semblent impossibles et comment il se glorifie dans des problèmes « insolubles ». Des principes spirituels sont ainsi mis en évidence, qui peuvent être efficaces aussi dans d’autres pays. Une succession de crises graves, de mobilisations des chrétiens dans la prière et finalement de réveils ont caractérisé l’Ouganda depuis 80 ans… Ces crises ont été, entre autres, les sanglantes dictatures des présidents IDI AMIN puis OBOTE! La dernière crise en date dans le pays éclata en 1989-1990: il s’agissait du SIDA.

L’Ouganda avait le taux de SIDA le plus élevé du monde entier. Les prévisions de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) disaient qu’un tiers de la population de l’Ouganda allait mourir de ce fléau d’ici 1997, qu’un deuxième tiers aurait des difficultés à marcher et qu’un effondrement économique et culturel se préparait.

Lorsque nous suivons l’histoire de l’Ouganda, nous observons deux caractéristiques qui se sont toujours répétées :

1. Lorsque les chrétiens crient vers Dieu dans la prière, ils effectuent une percée pour la nation et cela entraîne une intervention efficace de Dieu.

2. On prie pour s’opposer à des problèmes existants; mais sitôt que ceux-ci sont résolus, on cesse de prier de façon concertée. Conséquence: de nouveaux problèmes surgissent!

Dieu parla alors aux responsables du pays :

« Quand vous priez pour les problèmes de la nation, ils sont résolus, mais de nouveaux problèmes apparaissent. Et cela se répète de façon cyclique. Commencez à prier pour la DESTINEE REDEMPTRICE et prophétique de votre pays et je m’occuperai des problèmes de celui-ci. »

Après un certain temps, durant lequel on apprit à prier de cette nouvelle manière, des changements sont intervenus dans chaque secteur de la vie du pays. Aujourd’hui, l’Ouganda est la seule nation d’Afrique où le taux de SIDA est en régression et, au niveau mondial, c’est le pays où la diminution est la plus rapide. DIEU a été fidèle à sa Parole.

 Tous ensemble à la même corde

Après des années d’intense formation, au cours desquelles le pasteur Mulinde fut préparé à sa tâche future au travers de situations difficiles, le Seigneur lui parla: « lève-toi, parcours le pays et appelle les chrétiens et les églises à la prière, y compris les enfants. Enseigne-leur le combat spirituel ». Dès lors, John Mulinde commence à mettre en oeuvre cette mission dans sa communauté. Mais très vite, le Seigneur lui montre que ce combat est trop considérable pour une seule paroisse. Ou même une seule dénomination et qu’il nécessite l’engagement du Corps entier. Dans une vision, il se voit en train de jeter un filet avec dix autres personnes. Mais lorsqu’ils veulent ramener le filet, il est trop lourd pour eux seuls. Ensuite, il se voit envoyer des auxiliaires pour chercher de l’aide. Ceux-ci reviennent peu après, suivis de petits et de plus grands groupes d’hommes. Chaque groupe a sa propre corde qu’il fixe au filet et, ensemble, ils le ramènent. Or, il n’y a pas de poissons dans ce filet, mais un rocher qui avait la forme de l’Ouganda! Et Dieu leur parla :

- Donnez-moi un filet et je sortirai votre peuple des eaux dangereuses pour l’amener dans sa destinée.

Ce filet représente un réseau de prière qui doit recouvrir le pays entier.

Suite à cette invitation, John Mulinde appelle les conducteurs spirituels de toutes les dénominations à se lever pour Jésus-Christ. Après les hésitations du début et la victoire sur les préjugés et le scepticisme, ils ont commencé ensemble à saturer le pays de prière. Chaque région géographique, chaque couche sociale, chaque groupement, les banques, les écoles, les hôpitaux sont inclus. Ils ont obtenu une audience chez le président du pays et ont pu s’exprimer devant le parlement. Le nombre des parlementaires convertis est passé de 24 à 64.

Occupation du pays par la prière.

John reçut de Dieu la mission de saturer le pays de prière et de dresser partout des « autels » de prière à l’exemple d’Abraham. Dans Genèse 13: 15-17, Dieu renouvelle ses promesses à Abraham et lui donne l’ordre de se mettre en route et de parcourir tout le pays. Lorsque Dieu parle à Abraham, il mentionne les peuples qui vivent dans le pays (Gen.12: 4-7; 15 : 18-21). Ces peuples adoraient leurs divinités et faisaient, de fait, avec elles une alliance. Cela donnait à ces « divinités », c’est-à-dire à ces forces occultes, le droit d’agir dans leur pays et dans leur vie. Ces puissances ténébreuses étendaient de la sorte comme une couverture d’obscurité sur les diverses régions. Ainsi, des puissances régnaient sur tel pays et déterminaient le style de vie de ses habitants. En signalant à Abraham le nom des peuples du pays, c’est comme si Dieu lui montrait à quelles dominations spirituelles il avait affaire.

Or, lorqu’Abraham parcourait le pays promis, il élevait partout dans le territoire des autels pour l’Eternel et il adorait Dieu dans ces endroits (Gen. 12: 7; 13: 18). Chaque fois qu’il exprimait ainsi la souveraineté de Dieu, il établissait une place pour le Seigneur. Par ses prières et son adoration, il créait une brèche dans le couvercle de ténèbres au-dessus de la région parcourue et permettait ainsi que la présence du Seigneur vienne séjourner dans le pays. Il fallait d’abord que les forteresses du monde invisible soient démolies, avant que Dieu puisse déverser son Esprit. Cette stratégie de prière est encore valable aujourd’hui. (voir Daniel 10)

Satan se donne le droit de régner sur un pays dans la mesure où ses habitants adoptent son caractère et ses oeuvres mauvaises, qu’ils les pratiquent et les intègrent à leur propre culture. En observant le style de vie des membres d’une nation ou d’un groupe de peuples, il est possible d’y reconnaître les pouvoirs spirituels qui y règnent et poussent les hommes dans la désobéissance, les désordres sexuels, les angoisses, la violence pour le pouvoir, etc. (voir Eph. 2 : 1-3 et 6 : 12).

Quand les hommes se repentent de leurs péchés et de ceux de leur peuple et que, dans la foi, ils renoncent à ces puissances, Dieu a une base pour agir. (…) Dans le pays où nous vivons, nous sommes, nous chrétiens, les intendants de Dieu. Si nous n’exerçons pas humblement notre autorité, la nation va dégringoler de plus en plus. Nous devons donc nous lever et remplir le pays de prière (c’est-à-dire de la présence purificatrice de Dieu). Avant que le réveil éclate en Ouganda, le pays a été rempli de prières. Aucun n’est le héros de ce mouvement de réveil, mais beaucoup sont mobilisés par Dieu dans la prière; et toute la nation a reconnu la main de Dieu.

 La stratégie de Satan pour dominer un pays

Satan connaît (en partie) les intentions de Dieu pour une nation, et il fait tout pour empêcher cette nation d’entrer dans sa destinée. Sa stratégie consiste à séduire les hommes par le péché, l’idolâtrie, les cultes dans les sociétés secrètes, la magie, les sacrifices d’enfants, etc. et les conduire ainsi à faire une alliance consciente ou inconsciente avec lui. D’un autre côté, il utilise aussi certains événements historiques et toutes sortes de déviations culturelles d’un peuple pour maintenir les membres de ce peuple dans sa dépendance. Aussi longtemps que de gros fléaux sociaux et moraux produits par l’idolâtrie subsistent dans une nation, il subsistera aussi un nuage obscur et pesant sur cette nation.

Deux sortes de stratégies diaboliques tentent d’empêcher le développement d’oeuvres spirituelles dans les nations. Chez certaines, cette influence se manifeste par l’oppression, la torture, les calamités, la famine, les guerres, la pauvreté, la résignation, les maladies; c’est vrai en particulier des peuples dits du Tiers-monde. Chez d’autres nations, ce sera par le sommeil du coeur, la « tolérance » de tout, l’indifférence, l’amour des richesses, l’égocentrisme, en particulier dans bien des nations occidentales et développées. Ces dernières choses sont plus difficiles à combattre car elles ont un côté confortable. C’est ainsi que des nations sont en train de perdre leur héritage en Dieu, faute d’entrer dans leur vocation.

Dans Eph. 6: 12, il est dit que nous avons à lutter contre les principautés, contre les pouvoirs, contre les dominations des ténèbres d’ici bas, contre les esprits du mal dans les lieux célestes. Lorsque ces puissances dominent un pays, la foi, dans ce pays, a de la peine à se frayer un passage et la seigneurie de Dieu est comme cachée. Mais lorsque des hommes ou des femmes dans ce pays font l’expérience de la seigneurie de Dieu, ils l’adorent et bénissent leur pays (…)

Satan est bien décidé à contrôler l’intelligence humaine; car lorsqu’il peut asservir les pensées des hommes, il contrôle leur évolution, leur style de vie et leurs possessions. Il les incite à utiliser leurs biens de telle façon qu’ils servent ses desseins et non ceux du Dieu libérateur. Il les pousse à prendre des décisions et à développer des raisonnements qui auront pour conséquence une ouverture toujours plus grande à son action maléfique et une fermeture à l’action du Père dans leur vie. Dans ce but, le diable se concentre sur les hommes qui occupent des positions d’autorité dans le pays: depuis le chef d’état au chef de famille, des ministres aux patrons de l’économie et aux responsables de la santé, des tribunaux, de l’enseignement et des médias. Toute personne qui occupe un poste de décision devra affronter le feu de ses attaques. Cette tactique s’applique aussi aux responsables d’églises bien sûr! S’ils n’y prennent pas garde, les responsables peuvent se mettre tout à coup à prendre les mauvaises décisions, même après avoir bien commencé (cf. Saül, dans 1 Samuel). (…)

Aux armes et en avant!

Pourtant nos armes sont puissantes: « Les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes devant Dieu, pour renverser les forteresses.. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance au Christ. Nous sommes prêts aussi à punir toute désobéissance, lorsque votre obéissance sera complète. » (2 Cor.10: 4-6.)

Pour contrarier les manoeuvres de Satan contre la pensée humaine, il faut que nos armes soient orientées vers le renversement des forteresses dans les pensées. Si nous parlons de prière et de réveil, il faut savoir que les motifs mensongers sur la pensée humaine doivent être détrônés par l’intercession et notre propre repentance. Lorsque c’est le cas, le pays change, tout comme l’attitude de ses habitants vis-à-vis de Dieu et entre eux. Un réveil, c’est la destruction des forteresses mentales et pseudo – spirituelles. (…)

Le Seigneur nous invite à prendre position dans ces bastions de l’Adversaire, car Celui qui est en nous (l’Esprit Saint) est plus grand que celui qui est dans le monde (le prince de ce monde) (1 Jean. 4: 4). Mais c’est un combat, et mieux nous comprendrons le domaine spirituel, mieux nous pourrons aussi accepter le dur mais glorieux combat de la prière et du jeûne, nécessaire pour effectuer une percée spirituelle. Nous nous trompons si nous pensons que la volonté de Dieu pourrait tout aussi bien se faire sans notre prière et notre obéissance. (Dieu n’a pas disposé les choses ainsi). Si nous désirons vraiment que notre nation progresse, il est impératif de mobiliser, dans l’union de coeur et d’âme, autant de chrétiens que possible dans notre nation afin que par leur prière, ils établissent l’autorité de Dieu sur la nation.

Note de la Réd.: Des réseaux nationaux et régionaux de prière sont en train de se tisser de façon stratégique au sein de plus en plus de nations du monde, sous l’impulsion de personnes apostoliques et prophétiques. Ne restons pas passifs pendant que d’autres combattent, mais renseignons-nous et établissons des réseaux, en accord avec les responsables spirituels (Ps.68 : 14 et 29; Juges 5 : 15-17).

13 réponses à “Articles sur la Prière”

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